Se perdre c’est aussi une part du voyage…
Ce matin, il ny a plus de mofo , ni de mofo gazy, ni de cake
ça sent la fin
la fin des haricots ! Mais il nous reste du lait et du riz, que peut-on faire avec ces 2 ingrédients ? Du vary chouchou , le riz au lait malgache, vraiment malgache ! Bon, on lui donnera NOTRE recette pour demain 😉
Ce matin, on quitte le village accompagné de 2 » pisteurs « , 2 villageois afin quils nous montrent le chemin qui mène au parc national dAndringitra.
A la sortie du village, une rivière. Pas dalternative possible, il faut la traverser à pied. Je ne sais pas vous mais moi, jai limpression que nous marchons tout le temps dans leau. Cest pourquoi, je pense quon a fait le bon choix dès le début du trek entre : prendre le temps denlever nos chaussures et nos chaussettes pour traverser pieds nus et rechausser de lautre côté ou y aller tel quel. Ben oui, vous vous rendez bien compte à travers mon récit quà Madagascar, il suffit dune traversée de rizière, dun terrain marécageux, dun passage en forêt, dherbes hautes traversées aux aurores, ou dune météo pluvieuse
pour se retrouver avec les pieds mouillés. Dans ce contexte-là, la question de loption à prendre pour les traversées de gués ne se pose plus.


Après la rivière, des rizières et surtout un terrain très humide et marécageux, du genre tourbière. Plusieurs solutions pour traverser un tel terrain : sauter de troncs en morceaux de bois en passant par des pierres, sauter dune touffe de tourbières à lautre
ou senfoncer dans la bourbe (en espérant pas trop
) et tant pis pour les chaussures pleines de boue ;-).
Puis, à nouveau la forêt
Une forêt au bruit étrange. Pas de murmure de ruisseau, pas de chant doiseaux, pas de bourdonnement dinsectes
mais un truc qui me gonfle sérieux depuis notre départ du village : les trois même musiques qui passent en boucle toute la matinée à la radio ( » cube « ) du ptit djeuns pisteur ??!! Pour le reste, on monte, on monte, on monte, toujours les sangsues collées aux chaussettes !
Puis, cest la descente vers un village. On sarrête à la première maison afin davoir des informations sur le parc. Andreas et les porteurs se lancent dans une interminable discussion dont évidemment on ne comprend pas un mot. 1h30 quon est là
pour au final apprendre quon ne peut pas couper le parc dest en ouest mais quon est obligé de le contourner pour rejoindre lentrée qui se trouve au sud.


Lapproche du parc se fait, dans un premier temps, par un chemin bien tracé puis, dans un second temps, par un chemin plus chaotique à travers la forêt.
Stop dans une petite clairière. Lambiance est tendue, on ne sait pas trop où lon va, et encore moins ce qui nous attend ! La salade de riz est engloutie en 5 minutes. A peine le temps de sasseoir et on est reparti, direction le camp 1 voire le camp 2. On traverse la grande rivière puis on entre dans la forêt dense. Je me sens petite et faible sous ces géants millénaires, et dans lentremêlement de lianes sans fin, suspendues darbre en arbre. On marche en silence, chacun étant attentif aux irrégularités et aux obstacles du sentier qui monte, aux grosses racines qui lencombrent, aux troncs darbre tombés en travers du chemin quil faut escalader ou passer dessous. On enchaîne les montées et les descentes, surtout les montées à un rythme soutenu sous une pluie fine et une humidité conséquente. En chemin, on croise des sangsues, que la pluie a fait sortir en très très très très très très très très grand nombre. Cest la folie ! Mais je nai pas le temps de men occuper, même si je les vois et surtout les sens me piquer et sacharner sur mes pauvres petits chevilles toutes belles et fines !


Enfin, au bout d1h30 de marche, jarrive à un petit îlot herbeux en pleine forêt, grouillant de sangsues (Elles » sautent » de partout). Toute léquipe au complet est arrêtée. Je lance » cool, on fait une pause ? « , tout en enlevant quelques sangsues de mes jambes
Lorsque je sens un certain malaise, un silence pesant. Échange de regard qui en dit long entre Laurent et Andreas. Je crois comprendre. » Non, ne me dîtes pas que cest le camp 2 ????? « . Je suis un peu énervée. Ben si, cest le fabuleux » camp » de la forêt, où nous aurions bien passé des semaines loin de toute connexion ! Il est évidemment hors de question de passer la nuit ici. On rebrousse chemin. On se lance dans la descente à un rythme encore plus effréné quà laller car la nuit va tomber et on ne sait pas où lon va trouver un endroit pour dormir. Racines, cailloux, boue et le tout sur un sentier très humide donc glissant! Il faut être très vigilant car le terrain nest vraiment pas facile. Laurent and C° sont super à l’aise mais je m’accroche toujours, je ne lâche pas. En 1 heure, cest bouclé
On reprend le chemin bien tracé qui contourne le parc.
On sarrête cette fois-ci à un campement, un vrai ;-). Une paillote pour faire la cuisine
et un abri en dur réservé aux gardiens du parc mais chuuuuuuuuuuuuuuuttt, la porte est ouverte, on sy installe ;-).

Je découvre avec horreur que mon gros sac nest plus étanche à l’eau. A lintérieur, tout est humide voire trempé. Jen profite donc pour accrocher mon pantalon, tee-shirt et autres pour les faire sécher un peu pour demain.
Au menu ce soir, riz à rien ! Pas de cailloux dans le riz, bravo le cuisinier 😉

Juste pour info, on apprendra plus tard que le fameux camp 2 est en fait un camp réservé aux scientifiques.
Fin du jour 20…
Martine
