Retour des bêtes suceuses…m’en fous, même pas peur !
Le temps oscille entre pluie tropicale et éclaircies. La nuit a été arrosée, mais le départ se fait au mieux, dans une belle ouverture. Hier, il a été conclu que lon utiliserait les services dun pisteur, cest le meilleur compromis, tant il y a de petits sentiers dans cette forêt. Le col semble évident, encore faut-il arriver à le rejoindre.
La pluie finit par gagner et nous grimpons trempés. La goretex ne sert à rien, la touffeur générale trempe tout.
Un raidillon nous attend avant les dernières huttes, il est très glissant. Je men rends rapidement compte lorsque je finis sur le dos à dévaler ce que je viens de grimper
Mouillé et plein de boue, ce nest pas grave.
La partie juste avant la forêt pose toujours le même problème, anciennement défrichée, les végétaux repoussent très serrés, il est difficile davancer rapidement.



La forêt souvre à nous et au final, la progression se fait plus aisée. Cest un vrai plaisir que de retrouver la forêt primaire du corridor. Le soleil est revenu et la lumière filtrée par la canopée met à lhonneur toute la gamme de vert de ce couvert végétal. De belles prairies interrompent la forêt pour laisser un peu despace. Le col permet de changer radicalement dethnie, nous sommes chez les Baras. Amusant de passer chez eux, jy étais dans le Makay, mais cela me semble bien loin.
Après cette pluie, la forêt a réveillé ses habitants rampants, les sangsues. Cest lhécatombe, il y en a vraiment partout et en quantité. Je reprends loption joueur de golf, cela a semblé bien fonctionner.

Quelques passages dans un ruisseau et nous rejoignons une belle prairie pour un pique-nique bien mérité. Il ne reste plus quà vérifier les chaussettes. Rien na fonctionné comme prévu, les sangsues sont là par dizaine. Le sang qui coule ne coagule pas et se répand un peu partout, jai limpression de sortir dune opération chirurgicale. Il me faut bien 15 minutes pour me séparer de toutes ces bestioles plus ou moins gonflées de sang. Prendre son temps, être méthodique et ne pas se focaliser sur le fait quil y en a partout. Je compte plus de 80 impacts de sangsues (dimatika), bon score
Une fois sec, ce nest pas très beau à regarder, et je crois quil va être impossible de récupérer chaussettes et pantalon. Pas vraiment important, direction le café, la salade de légumes et les bananes !



Il est compliqué de quitter ce beau pâturage au soleil. De nanorizières apparaissent, suivies de microrizières quexploite une famille dans une cuvette dégagée au cur de la forêt. Des efforts inhumains ont dû être réalisés pour arriver à ce résultat. Je ne suis pas sûr que le résultat soit au niveau des investissements. Cest la première fois que je vois des Malgaches qui semblent plus résignés que souriants, tout du moins dans cette partie de lîle. Un petit bonjour sans réponse et nous continuons. Il faut dire que des touristes qui arrivent par là, cest bien la première fois. Lincrédulité la-t-elle emporté sur la curiosité ?
Une couleur peu habituelle attire mon regard, le bleu. Pas celui du ciel, mais celui des moustiquaires qui semblent plutôt neuves et qui servent dépouvantails dans les pépinières de riz.
Il est dommage que la prévention soit bien souvent mal faite. Les moustiquaires sont données comme cela, sans prendre le temps dexpliquer les intérêts et inconvénients. Finir en épouvantail nest pas le but principal.


Le plus gros souci actuel est lutilisation comme filet de pêche dans les rivières. Ici, ce nest pas trop grave, mais dans certaines régions cela devient catastrophique. Ces moustiquaires sont imprégnées dun puissant répulsif qui finit de ce fait dans leau. Cela affecte les filières bios de certaines régions, lorsque les rivières irriguent les vanilliers ou les caféiers
Le village ne semble pas très loin, les rizières deviennent plus larges et plus nombreuses dans la vallée, mais les passages glissants restent nombreux. Ce soir, arrivée sous le soleil, pour une nuit dans lancienne école. La nouvelle semble avoir été pulvérisée par un précédent cyclone.
Thé, chocolat au soleil, cest une très bonne façon pour terminer cette belle journée sauvage.

Fin du jour 19… Jour 20
Laurent

Bonus :




