Retour des bêtes suceuses…m’en fous, même pas peur !

Une galette de riz tiédie au feu de bois, le reste dananas de la veille et un thé, que demander de plus ?
On quitte le village accompagné dun » pisteur « . Ben oui, ce sont les rencontres fortuites au détour dun village, dun chemin, dun champ qui nous maintiennent sur la bonne route. En effet, si léquipe doute ou tout simplement ne connaît pas litinéraire, ce sont les villageois qui nous indiquent le chemin à prendre. Parfois cela donne lieu à de petites discussions et parfois seul un signe suffit : un bras tendu dans la direction à suivre ! Jusquici, grâce à nos bonnes « étoiles », nous sommes toujours arrivés à destination
enfin, je crois 😉
De bon matin, on attaque demblée une montée par un petit chemin bien tracé, mais boueux et glissant après toute la pluie tombée cette nuit.


La montée nest pas trop physique, car elle se fait par palier. Il pleuvine, il fait chaud et surtout très humide. Quelques points de vue uniques sur les collines environnantes méritent que je mattarde un peu
Tout au long du trek, on a retrouvé cela à nos pieds, une multitude de lopins cultivés où potagers, rizières et autres cultures ne forment quun patchwork de couleurs. Devant une telle beauté, le doigt presse automatiquement le déclencheur de lappareil photo.
Le cadeau, cest larrivée en haut de la crête. Une maison isolée, son grenier sur pilotis, des bananiers et surtout la rencontre avec les villageois seront des moments inoubliables. Vision simple et tranquille dun petit Éden malgache ! Un véritable havre de paix

Le ciel commence à se dégager et le soleil pointe le bout de son nez pour éclairer le magnifique paysage.
Je suis émue par tout, par tout ce que je vois. Il règne une atmosphère de tranquillité, de sérénité. Jai peur de ne pas me souvenir de tout cela. Alors, jimprime au mieux dans ma tête la beauté de cet endroit. Oui, je stocke ces souvenirs en prévision de moments difficiles ! Je souris à la vie !
Il nous faut les quitter, et poursuivre notre route, direction la forêt ! Le chemin est très étroit, il nest pas vraiment tracé. Il faut se frayer un chemin à travers les hautes broussailles. Il fait une chaleur humide infernale, cest étouffant. A tel point que jai de la buée sur mes lunettes


Le seul chemin qui permette d’accéder à lautre vallée où se trouve notre campement traverse une forêt primaire avec un dénivelé de plusieurs centaines de mètres. Il faut passer un col. Ledit sentier est parsemé de ruisseaux qu’il faut traverser en équilibre sur des troncs d’arbre ou d’arbuste selon les cas. De nombreuses racines sont en travers du chemin.
Je retrouve les mêmes sensations que le premier jour. La forêt semble impénétrable, elle est dense et impressionnante. Le moindre bruit est amplifié, il se répercute à l’infini. Le grondement de la rivière en contrebas fait écho dans toute la forêt.
Et les sangsues, que dire des sangsues ? Il y en a beaucoup plus que les premiers jours. Jadopte à nouveau cette technique qui est de remonter mes chaussettes par-dessus le bas de mon pantalon. Certes, les sangsues ne se faufilent plus sous mon pantalon, mais par contre, elles saccrochent à mes chaussures, puis remontent jusquà mes chaussettes où elles sagglutinent an niveau de ma cheville, de mon talon
elles cherchent désespérément à sinfiltrer et elles y arrivent, les saletés (une maille un peu lâche et hop
elles sy mettent à plusieurs sur une même morsure) !
Une sangsue ça va, une vingtaine de sangsues par jambe, bonjour les dégâts !
Sarrêter toutes les 15 minutes pour les enlever, cest juste pas possible ! En plus, il est très difficile de s’en débarrasser. Cest visqueux, berk ! Autant elles saccrochent aux pieds, autant elles saccrochent aussi entre les doigts de la main. Bref, à la fin, jabandonne et mes chaussettes sont pleines de sang.


Midi dans une clairière près dun cours deau (et où les sangsues sont absentes !).
Fin de la forêt, fin des sangsues mais début du bourbier ;-). Le terrain est marécageux et le chemin est à peine tracé. Je menfonce dans la bourbe. Mes chaussures sont complètement trempées et pleines de boue. Litinéraire alterne entre rizières et sols marécageux, boueux.
Apparaît alors le petit village de ce soir.
La petite maison, à lentrée du village, sera notre repère pour la nuit.
Un rayon de soleil, un petit jardin et son banc, du thé avec quelques Traou Mad
Des gamins qui courent derrière un poulet, Laurent parie quon mange du poulet ce soir ??!!
Dîner : gagné
poulet et riz.
Ce soir, jai envie découter un peu de musique. Je suis au chaud dans mon duvet. Je balaye du regard la pièce. La bougie éclaire faiblement la pièce : toit avec des feuilles de larbre du voyageur, mur en torchis. La musique défile dans mes oreilles, la réalité vacille à la lueur de la flamme
je suis hors du temps.
Si ce nest pas ça le bonheur alors je ne sais pas ce que cest
Bonne nuit !
Fin du jour 19…
Martine
