Se perdre c’est aussi une part du voyage…
Certainement à ce jour la journée la plus épuisante. Mais reprenons depuis le début.
Tout d’abord, lintroduction d’un nouveau petit déjeuner…le vary chocho (à prononcer chouchou), c’est à dire riz et lait, ce qu’il nous reste en stock. Mais en bon français, nous allons le faire évoluer, nous avons encore du chocolat, du caramel au beurre salé, de Bretagne.
Andreas ne semble pas complètement conquis par notre nouvelle recette, à suivre…
Une nuit passée au village et nous avons dû nous acquitter dune petite donation obligatoire à lassociation locale de gestion de la forêt. En échange, deux personnes nous accompagnent pour rejoindre le village de Ambatomboay, au bord du parc national dAndringitra.
Premier souci, le plus jeune a son poste. Et cest parti pour 3h00 de musique avec seulement 4 chansons.


En second, le terrain est assez particulier, nous avions déjà été obligés de progresser dans la boue, mais là elle est vraiment dune belle qualité. Elle est présente partout. Les passages en zones humides ont cela de particulier que nous évoluons sur un tapis dherbe en suspension sur leau, tout est mouvant. La seule frayeur est de passer à travers, il faut faire vite, ne pas sarrêter. Lorsque le bâton traverse, cest jusquà la poignée. Alors, il faut rester concentré et ne pas traîner. Pour le reste, il faut marcher sur les troncs plus ou moins gros posés à même le sol et rester dessus. Sil ny a rien du tout, il ne reste plus quà patauger dans la boue.
Nous ne sommes pas les seuls sur ce chemin. Une famille nous croise, et jai limpression quil leur a donné notre poste musical, jentends la musique séloigner avec eux. Je suis aux anges !
Manque de chance, ils ont la même musique sur leur poste, cest reparti pour un moment.


Le village est enfin atteint, il marque pour nous lentrée du parc. Cest avec énormément de difficultés que nous arrivons à nous faire comprendre sur litinéraire que nous aimerions emprunter. Au bout d1h15, il faut mettre le holà à la discussion. Elle navance pas, et nous perdons trop de temps. Les étrangers locaux sont rares, alors lorsquil passe autant de vazahas , il faut en profiter.
Personne ne connaît le parc national, ny comment y aller, cest limpasse. Le plus habitué de tous nous explique quil a déjà accompagné des scientifiques au camp 1, puis au camp 2
Aucun nom que nous lui soumettons na décho pour lui. Alors cest parti pour le camp 1. Puis finalement ce sera directement le camp 2 par un raccourci. Il faut couper la rivière Antana qui a une bonne largeur et entamer notre ascension en forêt.

Il se met à pleuvoir, ce qui réveille les sangsues. Nous allons battre tous les records. Elles sont déchaînées, tant pis il faut progresser, grimper par un tout petit sentier dans une végétation dense. Cette forêt mattire, elle est sauvage, mais sereine, la progression est difficile mais jy consens finalement. Il faut tout de même se défaire des bambous et lianes, ramper sur les troncs effondrés, passer par les prairies marécageuses, remonter les ruisseaux, fouler lhumus glissant la forêt primaire dans toute sa beauté.



Le camp 2 est atteint, mais comme je lavais pressenti le pisteur na rien compris. Cest un camp au milieu de nulle part, les sangsues sont partout, et aucun espoir datteindre le Pic Boby par cette option.
Marche arrière et retour à la rivière, 2h30 de perdues, mais pas pour tout le monde. Nos amies suceuses de sang se sont agglutinées en grappe dans les failles de notre équipement. 2h30 deffort soutenu pour rien, une petite baisse passagère de moral, je lavoue.
Cest reparti par le gros sentier le long de la rivière pour rattraper le temps perdu et se diriger vers une autre option. Une cabane et nous voici au sec. Notre pisteur retourne chez lui, il doit être de retour demain avec du riz. On verra bien, de toute façon il na toujours pas compris ce que lon faisait ici.

Fin du jour 20… Jour 21
Laurent

Bonus :


