Seconde vasque, direction le village en folie…Bonus, une partie intime de mon corps 😉
Les montagnes dans lesquelles nous devrions trouver le Pic Boby (de son vrai nom : Imarivolanitra) se rapprochent. Nous les évitons toujours par lest. Un col permet de mieux comprendre le relief. Sur les cartes au 500.000e tout semble proche et les courbes de niveau sont tellement espacées que cela ne correspond plus trop aux reliefs que nous rencontrons. Une succession de crêtes quil faut couper après être descendu au fond des rizières.
Ce col, permet de visualiser la vallée plein ouest que nous allons devoir remonter pour trouver lentrée sud du parc dAndringitra et le Pic Boby. Il reste encore pas mal dheures en perspective.
Un tatao (jai enfin pu mettre un nom sur ces marques qui indiquent un changement dethnie) signale une zone de séparation entre le pays Tanale et Sahragotra. Une petite offrande au passage ne serait-ce quune feuille déposée pour prévenir déventuels ancêtres que nous allons parcourir leur territoire.



Chose faite, direction le dernier village Tanale de la région qui semble complètement déserté. La fête nationale est terminée, tout le monde est retourné dans sa zone de culture. Ne restent plus que 3 ou 4 familles, il devient difficile dacheter quoi que ce soit. Jen profite pour acheter une bouteille de Coca (oui, je sais, cest mal
) pour la partager avec léquipe. Cest tout de même bon un peu de dépravation de temps à autre. Ici, lécole accueille les rares enfants qui sont encore présents. Ceux-ci décampent à notre vue, comme dhabitude, mais sans crier ou pleurer, cest un progrès
La rivière sera notre arrêt de midi. Douche et bain dans cette eau fraîche font le plus grand bien et le Coca a le temps de refroidir. Malgré cet entretien corporel, je narrive pas à récupérer la couleur dorigine de mes pieds. Cela fait une semaine que je suis en sandale, la boue et la couleur de la terre malgache se sont incrustées dans mon épiderme.

Une courte remontée pour rejoindre le village de Marovato où tous les habitants sont présents en pleine dégustation dun festin à base de riz. En cette période de fête nationale, il a été décidé den profiter pour effectuer les travaux collectifs, ici, une maison communale.


Loin des grands bourgs, ces petits villages utilisent les ressources locales disponibles. Pas beaucoup de sucre, mais de la canne à sucre, un petit pressoir permet den extraire le jus pour lincorporer directement au café qui devient de ce fait un : caféfary.

Je sors lappareil pour immortaliser les villageois sous les manguiers, branle-bas de combat, tout le monde se précipite pour être sur la photo. Euphorie collective
Le village prévu pour ce soir ne nous inspire pas du tout, difficile dexpliquer pourquoi. Mais il faut suivre son instinct, il ne reste plus quà continuer sur un bon sentier. Les villages suivants sont tous posés sur des promontoires de part et dautre de la rivière. Nous en choisissons un tout petit avec une belle vue dégagée. Cest bien la première fois que des vazahas passent par là ; et nous voici devenus lattraction de la journée. Pas de souci, nous sommes accueillis pour la nuit, alors laissons les enfants découvrir ce que sont ces étrangers.
En remontant la rivière Rienana, nous avons changé daxe pour obliquer plein ouest, en conséquence nous avons quitté le pays Tanale. Nous évoluerons donc chez les Sahragotras, puis chez les Mahatsinjos. Ce sont des cousins très proches, des Tanales aussi, ils appartiennent à cette grande famille.
Ce soir, je n ai jamais été aussi proche dune maison Tanale. Il est facile de participer à la vie locale, tout en restant dans sa tente.


Le repas débute vers 18h00, toutes les générations sont ensemble et tout le monde discute tout en mangeant le riz. Les conversations vont bon train et tout le monde semble y participer avec une certaine effervescence. En tout cas, il y a de léchange.
Pas de télévision, pas de radio, une situation propice aux discussions. Les enfants sont les premiers à abandonner la discussion.
Les adultes ne relâchent pas le rythme et continuent ensemble. Le bruit de fer blanc conclut le repas, les assiettes sont empilées et/ou rincées. Les jeunes enfants toussent, cest inévitable dans ces habitats sans évacuation de la fumée.
Les mères restent avec les enfants, les plus petits se mettent à pleurer, pendant que dautres changent de case pour aller discuter ailleurs. Il est 20h30 et tout sombre dans le silence, la lune qui na que 4 jours nous présente son fin croissant doré, proche de lhorizon.
Une de ces boîtes à musique semble se rapprocher
Ne pas y penser.

Fin du jour 17… Jour 18
Laurent
