Seconde vasque, direction le village en folie…
6h30 : Réveil, 7h : Les tentes son pliées, les sacs sont prêts, direction le petit-déjeuner !
La réserve de « mofo » est épuisée
Andréas nous a donc réchauffé ce matin des » mofo gazy « . Fort délicieux avec un peu de confiture de poc-poc
et surtout, je suis calée jusquà ce soir ??!!
Allez, zou, cest parti !!! Ce matin, Martine a des chaussettes molletonnées toutes propres (même si les chaussures sont toujours gorgées deau, il faut bien tout de même de temps en temps changer de chaussettes
) et Martine le fait savoir. Martine est heureuse, Martine a limpression davoir des chaussons aux pieds.


A la sortie du village, des rizières. Pas de soucis, depuis le temps, je suis devenue une vraie funambule des rizières. On en parle dailleurs déjà dans tout le pays !
Mais de loin, je navais pas vu le cours deau, là juste en bas, entre 2 talus. Même des femmes sont déjà en train dy laver du linge. Je regarde aux alentours : des pierres ? Un pont ? Un saut (parfois, on évalue très mal la distance
Une fois, le chef a essayé
et ça sest très mal terminé 😉 ? Et m
, mes chaussettes, mes chaussettes toutes propres ??!!! P
, fais c
, quel est le c
qui a tracé cet itinéraire ? Je me défoule, ça fait du bien et ça ne dure jamais très longtemps. Voilà, il est 7h45 et jai déjà les pieds dans leau 😉
Passé ce décor de rizière, on retrouve le même style de chemin quhier, cest-à-dire un sentier de terre, entouré de deux larges bandes dherbe grasse rase, voire de temps en temps, des herbes folles qui chatouillent les mollets ! Oui, vous navez pas oublié, on a fait tomber le pantalon depuis quelques jours ;-).
Litinéraire daujourdhui nous offre une succession de collines, donc de montées, mais fort heureusement, par intermittence, il progresse en ligne de crête (c’est en effet le chemin le moins fatigant pour les marcheurs aguerris que nous sommes !) permettant d’avoir une vue exceptionnelle vers le sud comme vers le nord, et traverse, pour notre plus grand bonheur, de nombreux petits hameaux.


Falakous, Falakous, tout le monde sarrête Nos provisions samenuisent de jour en jour Un ravitaillement simpose. Malheureusement, il ny a quun tout petit magasin avec quelques bricoles. La fête nationale est passée, les villages sont désertés au profit des champs. Aujourdhui, on narrive même plus à trouver des bananes, un comble ??!! Par contre, on déniche une énorme bouteille de coca-cola. Ce sera pour ce midi Laurent a explosé le budget !!!

On poursuit notre chemin
Le sac un peu plus lourd, mais le cur léger !
Une pause pour profiter de la vue, en haut dune crête, sur un terre-plein herbeux.
Il fait chaud, très chaud, on redescend tranquillou vers la rivière. Un endroit idéal pour la pause de midi
et la baignade, non ? Surtout quon a repéré de loin, une belle cuvette deau derrière de gros blocs de rocher. Leau est froide, beaucoup plus froide que lautre jour. Courage, Martine, à la clé, un shampoing
Yes !!!
Au retour, un repas frugal, mais délicieux nous attend
Des pâtes aux légumes, du saucisson et
Le coca-cola frais (pendant le bain, javais mis la bouteille au frais dans la rivière. Pas folle la guêpe !!!).
Comme le terrain sy prête, on saccorde une petite sieste.
On reprend le chemin, on attaque demblée une grosse côte
pour finir dans un bourbier qui annonce lentrée dun village. Encore une fois, il faut jouer les équilibristes entre les cailloux ou morceaux de bois (qui parfois malheureusement senfoncent sous notre poids) et cest notre moment de gloire ! Tous les habitants du village sont présents, ils sont en train de construire tous ensemble une maison et sapprêtent à partager leur repas à base de riz.
Le partage donne un sens à leur vie. Chez nous, on a perdu le sens de la collectivité, on lutte pour les siens, sa famille et ses enfants. Ici, ils partagent. Ils ont tout compris.
Le village se rassemble autour de nous, des centaines dyeux nous scrutent, des rires fusent de toutes parts. Jimmortalise ce moment bonnard, jadore ! Avant de partir, on nous offre des bâtons de canne à sucre à sucer.


En prolongement du chemin, cest une grosse piste qui longe la rivière. Le paysage est idyllique, il est digne des plus belles cartes postales. Des pirogues des 2 côtés des rives. Des villageois qui pêchent à la ligne ou à laide dun panier. Des îlots de bananiers en plein milieu de la rivière. Quelques bancs de sable par-ci par-là. Des villages perchés sur des monticules mais sur la rive opposée.
On marche depuis quelques heures et plus aucun village en vue. Il est 17h, la nuit commence à tomber
Au pire, on installera nos tentes au bord de la rivière.
Puis, au détour dun virage, un village haut perché
Dernière montée de la journée pour accéder au village qui nous offre gentiment lhospitalité. Je suis fatiguée, surtout par lardeur du soleil, mais tout cela est vite oublié face à leuphorie de laccueil. Cest face à moi toute la joie de la visite incongrue
On installe les tentes en plein milieu du village. Les gamins écarquillent les yeux de curiosité sur nos tentes, je crois quils nen ont jamais vues
et commentent le moindre de nos gestes. Aucun détail néchappe à leurs éclats de rire.


Un sentiment de langueur sempare de moi. Que cest beau, mon Dieu, que cest beau ! La vue est sublime : sur le village den face, lui aussi haut perché de lautre côté de la rive, des lumières scintillent un peu partout sur la rivière et les pirogues qui attendent sur la rive que le jour se lève et quune autre journée recommence
Je suis complètement bouleversée, je ne sais pas pourquoi
Ici, du haut de ce petit village à latmosphère si singulière et paisible, tout semble paradisiaque et pourtant
Toute ma vie, je me souviendrai de ce moment-là.

Fin du jour 17…
Martine
