Une arrivée mémorable…
Le beau temps est de la partie avec un ciel sans nuage. Et pourtant
Jen ai marre, jen ai ras le bol, jen ai ma claque, jen ai plein les bottes
sauf que jai des chaussures de trek !
Il ne se passe pas un jour sans que je traverse des rivières à pied, et donc tous les matins cest la soupe à la grimace : il me faut enfiler mes chaussettes trempées dans des chaussures gorgées deau !!!!!
Voilà, cétait mon coup de gueule de ce matin
Cest bon, on peut partir !
Depuis quelques jours, jai limpression de me répéter un peu
On monte, on monte, on monte. Ben oui, je vous rappelle quil faut rejoindre et gravir le Pic Boby, à 2658m. Et comme depuis les Hauts-Plateaux, on est bien redescendu


Les montés, descentes, cours deau, villages se succèdent
et aussi les rizières et une variété infinie de cultures : des bananiers, et même de la vanille enroulée autour dun arbre, des caféiers, la canne à sucre, des clémentiniers, des orangers, des champs de manioc
dont certains que je ne connaissais point : des ananas sauvages, des jacquiers (et son fruit le jacque), des pommiers cannelle (et son fruit la pomme cannelle)
Dans cette région, cest profusion de fruits (et de légumes). Il suffit de sarrêter et déguster
sauf quon est en hiver et que ce nest donc pas la pleine saison pour beaucoup dentre eux.
La traversée des villages suscite toujours autant la curiosité : les villageois sont sidérés par le passage de vazahas et se demandent toujours ce que nous faisons dans un endroit comme ici.
Le chemin se termine à l’entrée dun village, relayé par une piste. Que dis-je une autoroute !!!
Les voitures peuvent y circuler, mais il est préférable davoir quelques planches dans le coffre pour franchir les ponts
A Madagascar, les pistes sont tellement mal entretenues que je comprends quon sy déplace quà pied ou par pirogue via des rivières.


La piste longe la rivière, ça et là, des palmiers, des bananiers égayent ce paysage sublime. Tout semble calme, serein et figé. Des cormorans, taches noires dans le ciel bleu, survolent la rivière. Le murmure de l’eau chante à mes oreilles.
Dans lair flotte ce quelque chose qui fait que je me sens à la fois chez moi (en Bretagne, dans ma patrie !) et loin de tout ce que je connais déjà.
Après avoir flâné pour repérer les petits lézards verts dans les bananiers, il faudra à nouveau prendre la pirogue pour traverser la rivière.

La large piste continue de lautre côté de la rive, elle est bordée de bambous, en contrebas des rizières, des maisons isolées sont visibles ici ou là.
Comme toujours, nous regagnons un village pour la nuit. Ladjoint du maire nous accueille et nous propose un toit : une annexe à la maison du maire. Dailleurs, tout le protocole débarque dans » notre » chambre, un vrai sketch ;-).


Nous passons la fin de laprès-midi à nous promener dans le village et à observer la vie locale.
Je ne comprends pas : tous les jours, et ce depuis 15 jours, il y a, avec moi, un monsieur (barbu de surcroît) qui se prend en photo avec à la main, soit un pamplemousse, soit un bonbon anglais, soit une orange
Il est bizarre, vraiment bizarre ??!!
A demain, Monsieur ;-)…
Fin du jour 15…
Martine
