La vie nomade traditionnelle mongole disparaît, suite au changement climatique :
- 80 % des terres mongoles sont en voie de désertification.
- 2000 lacs et 800 rivières ont été asséchés au cours des dernières 30 décennies.
Il y a de grandes chances qu’à lavenir la tradition et la culture nomade mongole ne soient visibles que dans un musée…
Ce mode de vie pourrait bientôt ne plus être que de lhistoire ancienne.


Partant de ce constat, Daesung Lee (photographe de Corée du Sud) nous invite à travers une mise en scène à entrevoir ce que cela pourrait donner.
Daesung Lee s’interroge sur les ravages de la mondialisation et du réchauffement climatique.
On the Shore of a Vanishing Island abordait déjà ce thème, il le poursuit donc dans ce nouveau reportage.
Daesung Lee nous livre des images fortes, avec des couleurs subtiles, loin des saturations habituelles qui nous entourent au quotidien.


Interview donné au Courrier International n°1262 – 8 au 14 janvier 2015 –
Quest-ce qui vous a attiré dans ce projet ?
Les traces que nous avons conservées des civilisations disparues se trouvent dans des musées en Occident. Elles deviennent ainsi des sortes de fossiles, isolés de la société ou de la culture qui les a portés, et elles sont préservées par ceux-là mêmes qui ont détruit ces civilisations. Pour moi, cest un paradoxe.
Dans ce travail sur les nomades de Mongolie, jai voulu préserver sans collecter. Jai amené le musée dans le monde réel, au cur dune société en phase de sédentarisation, dont le mode de vie disparaît inexorablement.

Votre projet est-il politique ?
Tout à fait ! Je veux montrer limpact de la mondialisation de léconomie en Mongolie du fait de laccroissement de la demande en cachemire. Dans les plaines mongoles, lélevage de chèvres devient de plus en plus important. Or, en broutant, les chèvres arrachent plantes et racines, contrairement aux moutons qui étaient traditionnellement élevés dans la région. Mais comment dire non à de nouvelles rentrées dargent ? Le problème est mondial, nous avons aussi notre part de responsabilité dans ce qui se passe là-bas.


Jai amené le musée dans le monde réel, au cur dune société en phase de sédentarisation, dont le mode de vie disparaît inexorablement .
Pour en savoir plus sur son travail, direction son site.
Bon voyage dans le temps.
Laurent

Bonus :






Crédit photo : © Daesung Lee
