2013 est terminée, vive 2014…avec toutes les bonnes résolutions qui vont avec.
Pour ma part, j’ai décidé de prendre le temps de vous expliquer pourquoi il est impossible de faire rimer qualité et low cost.

En ces périodes de crise, tout le monde est à la recherche du meilleur tarif, du prix le plus bas pour la meilleure prestation possible.
Il n’y a pas une semaine où ne fleurissent les promos de dernière minute, ou mieux le gentil mail qui me rappelle que les temps sont durs et qu’il faudrait que je fasse un petit effort. Je le fais, puisque j’y réponds toujours ;-).
Il est assez aisé de répondre qu’un voyage novateur autour du lac Rara au Népal, ne peut pas être vendu au même tarif que le classique tour des Annapurna. Il faut en effet pas moins de 6 vols intérieurs pour faire ce voyage et je dois aussi faire venir les équipes qui vous accompagneront. Pas besoin de détailler le reste pour vous dire qu’il y aura certainement un surcoût…
Beaucoup de petits malins ont un réflexe qui dénote l’ambiance actuelle, relativement malsaine : il faudrait vraiment être stupide pour acheter au prix affiché, vive la crise et les soldes permanentes !


Mais suivre ce concept est peut-être valable pour ne pas perdre de clients, mais il ne résiste pas à une étude plus approfondie.
Vous n’avez pas 36 moyens d’avoir des tarifs imbattables :
- Gagner moins
- Augmenter le volume pour compenser
- Réduire les coûts
Je n’en vois pas vraiment d’autres…
Gagner moins, pourquoi pas, mais de quoi parle-t-on ?
Réduire son salaire final pour permettre à d’autres de partir coûte que coûte. Combien de personnes travaillent réellement en se disant, » tiens, si je gagnais mal ma vie pour faire plaisir aux autres » ?
Allez ok, je gagne moins, je compense par le nombre. Dans un monde en repli où la demande se contracte, il faudrait être très naïf pour envisager cette option. Car en général tout le monde ne veut pas partir en trek en groupe de 15 à 20. D’accord pour un prix à 15, mais sur un groupe de 8 à 10 maximum…

Réduire les coûts, pas si simple.
Entièrement d’accord pour réduire, c’est aussi une partie de mon travail, mais là de quoi parle-t-on à nouveau ?
Je vous propose donc l’emploi d’une masse significative de stagiaires ukrainiens logés en baraquement nourris avec ce qu’ils auront chassé la nuit. Pas besoin de les payer, ils ont déjà la chance d’être en stage pour apprendre le plus beau métier du monde.
Comment cela, pas possible…parce qu’il faut aussi des gens ultras compétents qui aiment leur métier…
Et si jagissais sur les encadrements locaux, à l’étranger. Je vais donc mettre la pression sur mes amis prestataires avec qui je travaille depuis des années. Ok, ils ont aussi une grosse inflation, mais bon ils se la coulent douce, non?
Non ! Dans » amis prestataires « , il y a le mot ami. Il est d’une grande importance dans ce métier. Une confiance mutuelle doit s’être mise en place pour travailler dans les lieux et milieux complexes, pour vous proposer des circuits innovants et passionnants.
Allez parlons vrai, il faut attaquer nos équipes locales, car c’est toujours en fin de chaîne que l’on réduit les coûts. Fini les muletiers, âniers, porteurs, chameliers…qui roulent en Porsche Cayenne. Cela n’existe pas…mince alors.
Vous avez l’impression qu’ils ne roulent pas sur l’or, et bien c’est vrai. Et je ne supporte plus la pression qui est faite sur eux en leur faisant miroiter des pourboires de rêve pour compenser un salaire de misère.
Porter plus pour gagner moins…

Il me reste l’aérien, bon et bien là c’est foutu…les compagnies se sont réorganisées et c’est elles qui font la pluie et le beau temps. En général pour une même destination, vous avez à peu près les mêmes tarifs. Il y a bien l’achat en quantité sur des charters. Mais vous venez de me dire que vous ne voulez pas être une multitude de groupes de 15 personnes au même endroit.
Pas facile cette quadrature du cercle…

Bon alors, Laurent, plus de réductions possibles ?
J’ai bien peur que nous soyons arrivés aux prix planchers. Après on peut toujours faire moins. Mais moins de quoi ?
Moins de qualité, moins de prestations, moins d’innovations, moins de motivations, moins d’écoute…
Partir en groupes réduits sur des itinéraires innovants a un coût, mais si vous avez une solution pour le réduire je suis preneur.
Bien sûr, lorsque je suis seul en autonomie avec plus de 20 kilos sur le dos à 5000m, la partie trek ne me coûte pas grand-chose, mais êtes-vous prêts à faire cet effort ?


Créer et encadrer est un VRAI métier, n’en déplaise à certains. C’est bien souvent du cousu main, alors je vous invite à bien tout comparer avant d’essayer de trouver un nouvel angle pour demander une baisse significative des prix.
N’oubliez pas qu’en fin de compte c’est toujours les personnes en bout de chaîne qui trinquent…
Et vous êtes des voyageurs éthiques et responsables, non ?
Laurent
