Le parc est en vue…mais il y a tout de même du chemin à faire 😉
Cest parti pour une journée en forêt. Combien de temps, combien dheures, je nen ai aucune idée. Mais comme dhabitude, jaime bien cette forêt, et il faut avancer le plus possible si lon veut grimper ce » foutu pic « .
La pluie, qui est tombée une grande partie de la nuit, a laissé place au soleil. Nous pouvons enfin voir les falaises du parc, elles sont très hautes et surtout très loin
Allez, direction le vert intense et dense par un bon sentier. Deux heures à grimper et nous laissons un tatao, retour en pays Betsiléo.
Ce sentier monte toujours et sévèrement, dans laxe pour atteindre 1650m. Mais pourquoi ces sentiers suivent-ils de si importantes montagnes russes au lieu de rester en courbe de niveau ?



Le soleil est filtré par la végétation, mais il pénètre tout de même par intervalles. Ses rayons nous réchauffent, il ne fait que 14°C et pourtant jai déjà limpression davoir trop chaud
Nous rencontrons quelques coupeurs de bambous interloqués qui senfuient à notre vue, et puis il faut entamer la descente. Aussi raide que la montée, mais bien plus glissante. Je passe devant, il faut tirer tout le monde si lon veut arriver assez loin ce soir.
Et puis, aujourdhui, je me sens en phase avec cette forêt. Les glissades dans la boue, à passer dun appui à lautre me rendent joyeux. Je dévale, glisse, me rattrape, mais progresse rapidement. Cest une belle journée même si dans cette portion jai les pieds continuellement dans la boue. Je croise 2/3 porteurs aux bidons vides, ils partent chercher du rhum chez les Baras.
Je reprends ma descente, ma dégringolade jusquà larrêt de midi. Je ne suis pas bien sûr que mon euphorie soit partagée par tout le monde, Martine ne semble pas complètement daccord avec ma joie de patauger dans cette boue dans une pente pareille je la comprends. Allez, il faut manger, cela fait déjà 5h00 que lon marche.
Cest reparti dans la forêt qui sarrête dun seul coup au bout de cinq minutes. Il ne reste plus devant nous quune immense prairie. Un mélange dherbes sèches et de fougères que coupe un sentier large et bien tracé. Tout à lopposé des heures que lon vient deffectuer. Le contraste est saisissant.



Un groupe de porteurs de rhum finit son riz près dun ruisseau. Chacun est chargé de 2 bidons rattachés sur un gros bambou, à même lépaule, pour une charge de 37 litres. Je dois avouer quils avancent plus vite que nous, cela laisse rêveur, je vais peut-être au final me mettre au rhum moi aussi.
Après discussion, lun deux nous donne enfin lindication que lon cherche depuis quelques jours. Nous avons enfin trouvé une entrée pour rejoindre le cur du parc et nous y serons demain.
Le décor a complètement changé, à louest le parc est ceinturé de cette forêt primaire. Pour le reste, ce ne sont que des collines herbeuses, cours deau, culture et hameaux.
Un paysage reposant où le regard peut enfin porter à lhorizon. Quelques photos avant que la pluie et les nuages viennent à nouveau supprimer la visibilité. Il faut avancer pour être sûr de parvenir à destination, les jours sont comptés.
Au loin, une progression dhommes et de femmes en bleu grimpe vers la forêt, cest un enterrement. Un coup de feu retentit, puis un second, le chant dune centaine de voix résonne dans la plaine, cest une belle arrivée, même si ce nest pas pour nous
La pluie nous inonde par intermittence, il est temps de trouver un abri pour ce soir, la lumière décline rapidement, le soleil a disparu et il va bientôt faire nuit.



La maison est trouvée, il ne reste plus quà attendre son propriétaire qui était à la procession. A 18h30 tout est réglé, mais il faut se plier aux présentations dusages. Ce nest pas que je naime pas trop cela, mais cest dans la chambre du propriétaire que ça a lieu, et il y a beaucoup de paille par terre. Et qui dit paille dit puces
Encore une nuit en dur, nous ouvrons avec Martine une tablette de chocolat aux éclats de cacao pour fêter cela !
Certaines morsures de sangsues se sont infectées, il faut soigner tout cela avant de retrouver le duvet bien chaud. 8h30 pour cette journée intense.

Fin du jour 21… Jour 22
Laurent

Bonus :



