Un train peut en cacher un autre…pas ici.
Ce matin pas besoin de réveil, je suis réveillée dès 5h30 par le chant des coqs, le grognement des cochons, le martèlement des pilons, le grésillement de la radio et la toux des villageois
mais aussi les gloussements des enfants qui se bousculent déjà dans lencadrement de la porte dentrée.
Dehors, la vue sur la vallée est majestueuse, une nappe de brume enveloppe le paysage. En contrebas, sous un manguier, des femmes pilent le riz. Plus loin, des silhouettes dhommes enroulés dans des couvertures aux couleurs criardes partent au-delà de la vallée, cultiver leurs champs sur les flancs des collines avoisinantes. Bref, la vie sactive, tout doucement la vallée séveille
Un véritable spectacle, comme sil avait été mis en scène, un spectacle émouvant et vivant.


Le sentier que nous empruntons, à la sortie du village, passe dun vallon à lautre, dans un cadre champêtre et apaisant. En toile de fond, une barre rocheuse.
Les montés, descentes, cours deau se succèdent. Pendant ces 9 jours de trek, on en aura traversé des cours deau avec comme guise de pont juste un tronc darbre, ou une poutre, ou quelques troncs darbre juxtaposés
il faut souvent avoir le sens de léquilibre voire être un bon funambule ;-). Je dois avouer que je nétais pas toujours fière demprunter certains de ces drôles de ponts. Dailleurs, à une ou deux reprises, jai eu chaud à la réception sur lautre rive et jai remercié les mains secourables de nos porteurs ou de Laurent. Et puis, à force, on sy fait, même plus peur !!!!
A 10h30 pile (avec Andreas, l’heure, c’est l’heure; avant l’heure, c’est pas l’heure; après l’heure, c’est plus l’heure. Un vrai fonctionnaire ;-), on sarrête près dun pamplemoussier, cest la pause pamplemousse. Trop bon ! On en ramasse 3 de plus pour plus tard. Et cest qui qui va les porter dans son sac à dos ? Cest bibi*

Les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas. Aujourdhui est une belle journée, une journée riche de par ses paysages très variés et ses nombreuses rencontres.

En haut.
De belles montées à travers dépaisses broussailles (hautes herbes) nous attendent sous un soleil de plomb. Parfois en sous-bois et à flanc de colline, les sentiers étroits offrent de belles perspectives sur les rizières qui tapissent la vallée…
En bas.
Les rizières alternent avec les sols marécageux, voire parfois tourbeux et gorgés d’eau. Au début, je me focalise sur mes chaussures (jaimerais pour une fois garder mes pieds au sec !!!), je jongle donc entre les pierres et les morceaux de bois (troncs darbustes ou darbres comme appui) et puis, je finis par lâcher prise, je finis par y aller franchement Tant pis, mes chaussures seront trempées et pleines de boue comme dhab, comme tous les jours. Merde, Martine, tes une aventurière, oui ou non ? Et là, du coup, je suis plus attentive à la végétation qui mentoure, et qui est très friande de ce genre de sol : des fougères, des pandanus, des palmiers


Et au milieu de tout cela.
Les villageois nous saluent tout au long du chemin quils soient dans les rizières / champs ou dans leur maison, isolée, entourée de bananiers.
Bref de belles rencontres inattendues comme celle de ces contrebandiers de rhum (extrait de la canne à sucre) installés près dune grosse rivière. Enivrant !
Ou ce vieil homme assis en compagnie de sa petite-fille sur le pas de sa porte. Jai limpression dêtre dans un tableau de je ne sais quel peintre, où le temps sest arrêté. Surréaliste !!
Ces sourires, qui rythment le trajet, nous accompagnent jusquau village de Ambalavero où nous rencontrons la reine de ce village. Elle vit dans le Tchangbé. Comme je lai dit précédemment, le Tchangbé est la » Maison pour tous « , cest là quont lieu les réunions de village, mais aussi où reposent les morts avant dêtre enterrés
Cest le cur du village.
On devient roi ou reine dun village par descendance (laîné des enfants). Sauf à la naissance dun village, où le premier arrivé semble être déclaré roi ou reine.



Après ces petites explications, nous reprenons le chemin qui attaque une rude montée à travers des champs de manioc (arbustes filiformes sublime) pour déboucher au gîte dAndréas et sa femme Honorine, jouxtant la gare ferroviaire de Andrambovato. Je ne me sens pas très bien.
Une fois ragaillardie, direction LA voie ferrée, il est 18h passées, la nuit est tombée :
» Et j´entends siffler le train,
Que c´est triste un train qui siffle dans le soir…
Et j´entends siffler ce train,
j´entendrai siffler ce train toute ma vie
« .
Excellent !!! Une bonne cinquantaine de personnes se lancent à son assaut avant même larrêt définitif. Cest leffervescence On descend, on monte, on charge Et hop, le sifflet retentit, le train repart Jimmortalise ce moment extraordinaire !

Le train, qui est un train de marchandises avec 2 ou 3 wagons pour les passagers, fonctionne tous les jours à raison dun trajet par jour dans un sens
à des horaires très aléatoires.
On rejoint Honorine à la cuisine où elle nous a concocté un bon repas : soupe de légumes du jardin, poulet coco et des crêpes au miel.
* : Bibi = Laurent 😉 Cest qui le chef ?!?
Fin du jour 9…
Martine

Bonus :



