Déjà 8 jours de trek nouvelle équipe.
Ce matin, je suis au taquet. Jai super bien dormi, et en plus, dans un lit avec des draps propres. Et ô joie, mes chaussettes sont sèches (et propres !), mes chaussures aussi.
Vous vous rappelez, hier, je vous ai dit quil y avait un changement déquipe. Je vous présente donc Andréas notre cuisinier (de métier, sil vous plait !) et guide local, Jean, Martial et Lody nos trois porteurs
sans oublier les deux mêmes vazahas.
Aujourdhui, chose inhabituelle, on déroge à une des règles du Tekenessi trek : » suivre le corridor forestier, tu feras, mais sans moyen motorisé « .
Oups !!! On prend le taxibé (taxi-brousse ou véhicule du peuple, musique à tue-tête) pour revenir sur nos pas, jentends refaire en voiture ce quon a fait hier à pied sur 5 kms.


Re-oups, on enchaîne par quelques douces minutes de pirogue afin de traverser la rivière.
Re-re-oups
Je déconne
Enfin, on marche. Alléluia ! Le chemin est plutôt bien tracé et fréquenté par les habitants des alentours de Ranomafana.
Le paysage est différent, on a limpression de commencer un nouveau trek : des espaces vierges désertiques, des hameaux isolés, je dirais même des maisons isolées, entourées de leur jardinet, leurs plantations (bananiers, canne à sucre
)
des montagnes érodées à cause de la déforestation : défrichage abusif au profit de la culture de riz Un bien vaste problème. A Madagascar, on cultive pour manger.
Stop du midi (enfin de 11 heures) près dune source deau et dun peu de bois. Exceptionnellement (nouvelle équipe
il va falloir les briefer sur notre façon de faire), ce midi, Andréas cuisine : Omelette aux oignons et sa tomate fraîche, svp ! Qui a dit quon mangeait mal en trek ? De temps en temps, je donnerai comme cela le menu du jour, car on a un » chefo » au top



Maintenant quon a le ventre bien rempli, on reprend notre marche bucolique, ponctuée de hameaux ici et là. Les maisons sont de briques de terre ou de bois, les toits faits de couches de feuilles de larbre du voyageur.
Du chemin à lombre des caféiers, on peut apercevoir le joli village de ce soir, lové sur son monticule. Comme à laccoutumée, les enfants accourent à notre rencontre, intrigués par la présence de deux vazahas sur leurs terres.
Ce soir, on dormira au sec : le chef du village nous a donné lautorisation dinstaller nos moustiquaires dans le Tchangbé (léquivalent de notre » Maison pour tous « ).

En cette fin daprès-midi, le village connaît encore une certaine effervescence alors autant en profiter pour aller à la rencontre des villageois et faire quelques photos. Dautant quils sy prêtent de bonne grâce. Ainsi, dans une ruelle, deux fillettes pilent le riz avec une force dadulte ; un peu plus loin, une jeune femme tisse un chapeau avec une agilité impressionnante ; sur le pas dune porte, une mère coiffe sa fille selon la tradition Zafimaniry à laide dun genre de balai qui fait office de peigne des enfants, penchés aux fenêtres, nous épient, les rires fusent


8 jours seulement que je suis à Madagascar, et pourtant il est difficile de ne pas être touchée par latmosphère de ce voyage hors du temps, du confort et de lagitation du monde.
8 jours particulièrement forts sur le plan humain.
8 jours que je plonge dans le quotidien de ces villageois malgaches qui vivent en marge de tout.
8 jours quils nous ouvrent les portes de leur village, nous offrent lhospitalité et partagent le peu quils ont (un toit, un peu deau, un peu de bois
). Finalement, ils sont riches, beaucoup plus riches quils ne le pensent.

Fin du jour 8…
Martine

Bonus :



