De la couleur…partout…

Départ du village sous le soleil, direction le marché.
Le chemin est bien tracé dans lensemble, certaines parties étant parfois plus étroites, de longs couloirs resserrés.
Nous croisons les habitants des différents villages alentours qui se rendent comme nous au marché. Certains pour vendre, dautres pour faire des emplettes. Des hommes et des femmes portent sur la tête plusieurs kilos de marchandises.
Juste avant lentrée du marché, dans un champ, sont regroupés tous les vendeurs de rhum afin de pallier les débordements liés à lalcool.
Une dernière petite montée, bordée de greniers à riz (montés sur pilotis avec un disque horizontal entre le grenier et les pilotis pour empêcher les rats de grimper) et cest le plongeon dans la marée humaine.
Ce qui me frappe au premier regard, cest ce festival de couleurs. Les femmes sont drapées de paréos aux couleurs criardes. Quant aux hommes, ils sont emmitouflés dans des couvertures ou portent des t-shirts aux couleurs tout aussi éclatantes. Du jaune, du vert, du bleu, du fuchsia, du rouge, de l’orange
En ce jour de marché hebdomadaire, le village sillumine de multiples couleurs.


Moi qui suis une adepte des marchés, je me régale
A Madagascar, le marché est avant tout un lieu de rencontre, cest là que la majorité de la population se rend pour acheter ou troquer, vendre ou manger. Cest animé et haut en couleur, plein de vie. On y vend absolument de tout, des fruits et légumes aux vêtements en passant par la quincaillerie aux nattes (tapis de sol) sans oublier la viande et les poissons
de même que des épices, du sel
Tout s’achète à l’unité ou au gramme y compris le sucre, la farine, l’huile …
A Madagascar, rien ne se perd
Ainsi, la boite de conserve de lait concentré sucré sert à mesurer les denrées (le kapok, unité de mesure).
Je parcours les allées où les femmes malgaches, assises sur des nattes, vendent leurs récoltes parfois bien maigres : quelques oranges ou clémentines soigneusement empilées, quelques bananes mises en tas
Laurent nous achète des clémentines, délicieuses et un peu plus loin, il me fera goûter aux fameuses galettes de riz.
Pendant que léquipe fait les courses, Laurent et moi on flâne en toute liberté, enfin presque. Oui, on est lattraction du marché, ce nest pas tous les jours que 2 vazahas se promènent au marché ??!! On attise toujours autant la curiosité à nos moindres déplacements. Sil est difficile de communiquer, je dois avouer quil est assez facile de prendre des photos.
Pour ma part, je vais me focaliser sur les chapeaux, je suis tombée sous le charme de ces drôles de petits chapeaux
Il y en a de toutes les formes, de toutes les couleurs, un sacré éventail. Il faut savoir que la forme du chapeau, la matière et la couleur varient dune ethnie à lautre, cest en fait son identité. Chez les Betsiléos, il est de forme carrée en vannerie tressée, décoré de dessins.
Après cette séance de photos, il est temps de reprendre la route


Une petite marche à travers les rizières, un vrai paysage champêtre en cette fin de matinée, avant de sarrêter près dune rivière pour déjeuner, car ce midi, Rémi cuisine pour nous un repas de fête au feu de bois : du porc aux brèdes accompagné de son riz, rien que ça ;-). Le poulet (toujours vivant) ce sera pour ce soir !
En attendant que le repas soit prêt, je me lave dans la rivière
Laurent fait un peu de lessive. Les pierres chaudes font office de séchoir
On déjeune tous tranquillement au bord de la rivière à lombre dun arbre. Et pendant ce temps, on nous vole la poule. Le dahalo est passé par là. Le repas de ce soir sest envolé. Tant pis
Et cest reparti pour 4h de marche. Dans un premier temps, on se fraye un chemin à travers les hautes herbes cinglantes. Les visages ruissellent, cest étouffant. Puis, on attaque à nouveau la forêt pour quelques heures.
Malgré un parcours physique autant en montée quen descente, nous marchons à un bon rythme dans une ambiance particulière. Je marrête souvent pour regarder autour de moi. Le soleil, qui s’infiltre à travers les branches des arbres géants, illumine cette belle forêt, c’est beau, cest magnifique. Un décor enchanteur.

En fin daprès-midi, on sort de la forêt et on arrive à un petit, très petit village… qui se résume en fait à une seule maison dà peine 4m² où vit une famille de 7 personnes!!! Ils nous offrent lhospitalité de leur maison pour faire la cuisine et le dortoir de léquipe. Eux sinstallent sous le grenier à riz. Quant à Laurent et moi, nous montons les tentes dans la cour.
Étant donné quon nous a volé notre repas du soir
on se contente ce soir dun riz à rien 😉
Je suis un peu déroutée ce soir, on est loin très loin de nos conditions de vie, à nous Français. Le feu dans un coin de la pièce et aucune cheminée. La pièce est en permanence enfumée avec de la suie du sol au plafond. Tout est noir. Dès quon entre dans la pièce, il faut rapidement sasseoir afin dêtre au plus près du sol et ainsi, davoir le moins possible les yeux qui piquent. Ce ne sont pas les poules qui diront le contraire : près de la porte, dans un coin, 3 poules dorment sur leur nid de paille ! Au-dessus, la chambre avec la fumée qui traverse le plancher


Fin du jour 6…
Martine
