La forêt et nos premières amies qui vont avec…
Départ dans la brume. Forêt primaire, nous voilà !
Une forêt primaire qui disparaît progressivement du fait de la déforestation (coupe du bois pour cuisiner et pour construire les maisons), de la culture sur brûlis, de laccroissement de la surface des pâturages (élevage intensif de zébus) et des cultures.
Nous entrons très vite dans la forêt, une forêt dense
de grands arbres sélèvent au-dessus darbustes, de fougères arborescentes, de bambous
le tout entremêlé détranges lianes qui saccrochent et senroulent autour des troncs.
La végétation est luxuriante, avec une multitude de fougères, dorchidées
et que sais-je encore
des plantes que je ne connais point ou dont jai oublié le nom.
Qui dit forêt dense, dit une chaleur moite et humide… et dit aussi
des petites bébêtes. Vous voyez de quoi je veux parler ? Nos amies, les sangsues évidemment ;-).
La forêt en est infestée. Contrairement aux porteurs, je porte un pantalon
Soudain, des tâches de sang apparaissent sur mon pantalon qui finit par changer complètement de couleur
ces petites coquines se sont faufilées par-dessous.
Nous progressons au sein de la forêt primaire par un semblant de sentier semé dembûches : des racines et des troncs darbre en travers du chemin, des cours deau qu’il faut traverser, si possible, en équilibre sur des pierres glissantes voire des troncs d’arbre ou sinon à gué. Et effectivement, ce sera très, très souvent avec les chaussures dans leau ;-).


Quelques araignées énormes tissent parfois de fantastiques toiles au dessus des rivières.
A la sortie de cette forêt, on traverse un premier village, perdu au milieu de nulle part puis un second qui sera notre halte de midi. Autant dire que ces villages sont complètement isolés. Souvent, les habitants nont jamais vu passer dautres étrangers que nous
Lancien du village et sa femme nous ouvrent généreusement les portes de leur maison. Un plat de manioc nous est servi sur une natte à même le sol, le repas est dégusté dans la convivialité
pendant que Madame tisse inlassablement sa natte dun geste vif.
Après une bonne heure de repos, nous voilà repartis. On senfonce à nouveau dans la forêt, le terrain est toujours aussi chaotique et glissant. Je suis trempée de sueur de la tête aux pieds, des sangsues collées aux jambes. Et malgré tout cela
Je ressens un profond bien-être.
Il y a des gens qui naiment pas la forêt, et nont quune envie, cest la fuir. Moi, je trouve que cest plutôt apaisant. Il y règne une atmosphère fascinante
et parfois angoissante, je dois lavouer mais juste parce que jai peur de me perdre !! A part cela
Jaime le bruit de la forêt où se mêlent le bruit des feuilles qui se froissent à notre passage, le craquement des branches, mais aussi le bruit de nos pas, le gazouillis des oiseaux, le vrombissement des insectes, le murmure des ruisseaux
sans oublier les odeurs (dhumus, ma madeleine de Proust
), et les contrastes de lumière : on passe de la pénombre à la lumière lorsque le soleil perce et quil sengouffre dans le feuillage des arbres
et tout le reste, tout ce qui nous rappelle quon se trouve, bel et bien, au beau milieu de la forêt primaire !


Comme lorsquon marche dans les cours deau sous une voûte de verdure
Ambiance très spéciale mais ô combien extraordinaire. Jadore !
Et soudain, Rémi nous arrête, nous désigne un arbre et nous fait signe de lever les yeux : deux lémuriens sautent de branche en branche en poussant leur cri si particulier. Je nai même pas le temps de sortir mon appareil photo quils ont déjà disparu. Je suis heureuse, très heureuse de cette rencontre, furtive certes, mais belle. Par contre, je suis un peu agacée. Ben oui, je marche juste derrière Rémi, et lorsque, moi, je ne vois que des arbres, lui, il parvient à distinguer la silhouette dun lémurien ??!! Il ny a pas à dire, il a lil aiguisé
Laurent aussi (il voit tout ce que je ne vois pas
), et pas moi ;-(



En ville, la tête toujours dans le guidon, on ne prend pas le temps de regarder ce qui nous entoure, on ne sait plus regarder, écouter. En pleine nature, on se retrouve à létat le plus proche qui nous permet de retrouver cet état primordial dutiliser ses sens.
La fin de la journée est difficile, car la nuit commence à tomber, le champ de vision se rétrécit, le décor se transforme
Je trébuche, je trébuche sur tout, la fatigue se fait sentir
Quand soudain, à la sortie de la forêt, après un passage dans les hautes herbes, apparaît les lumières (feu) dun village. Après moult discussions avec le chef du village, on peut enfin monter nos tentes sur en emplacement terreux près dune petite maison qui fera office de cuisine et de dortoir pour léquipe.
Cest fini pour aujourdhui (8h15 de marche tout de même) et je nen suis pas mécontente.
Une soupe, du riz à rien
et au lit !

Fin du jour 5…
Martine
