On dirait qu’ça te gène de marcher dans la boue…(sur un air de M.Delpech)
Daprès Laurent, la coupure a eu lieu à minuit. Jétais déjà dans les bras de Morphée
Un petit déjeuner avec un cake, ça ne se refuse pas !
Afin de nous éviter 8km de piste à pied, le propriétaire de la pension nous propose de nous conduire en 4×4 jusquau bac. Comme il insiste, re-insiste, re-re-insiste (si si !), on accepte cette alternative (de peur de le vexer
Je pense quil souhaitait vraiment nous montrer son 4×4 tout neuf, tout beau, tout propre) mais cest vraiment par politesse
La piste qui longe la rivière est en très mauvais état, pas dexcès de vitesse possible. Ce qui nest pas pour nous déplaire, le paysage est magnifique. La lumière matinale sur la rivière et les petits villages qui la bordent apporte une belle touche particulière au paysage !


Arrivés devant la rivière
Ikongo, il est où ce bac ? Peu importe, je préfère traverser en pirogue non motorisée la rivière, avec pour seul bruit la perche en bambou qui fend leau
De lautre côté de la rive, on retrouve un instant la piste, puis, au bout de 4km, elle se transforme en un petit sentier bien tracé qui monte régulièrement.
Un bel itinéraire : des collines verdoyantes à grimper ; sur les crêtes, des villages ou maisons isolées entourés de palmiers, bananiers, de jolis jardins potagers et enclos ; en contrebas, au pied des collines, des rizières.
Le soleil tape fort, il fait très chaud, on fait tomber le pantalon ;-).
Boire un bonbon anglais (un petit café pour les » chefos » et les porteurs) dans lune des gargotes qui longent la route qui va là où on va, échanger quelques mots avec les villageois, cest une belle façon de commencer une journée, non ? Rien à voir avec ma petite vie à Paris !
Tout (le boulot, la vie parisienne, les cons
) semble maintenant si loin…


Cest vraiment un jour agréable de marche ponctué de belles rencontres, à limage de cet enfant au bord du chemin
Un enfant et ses 2 zébus piétinent la terre. Létonnement et la curiosité sont réciproques. Lui, le petit garçon ruisselant de boue, armé dun bâton, poussant des cris pour faire avancer ses zébus tout droit, à gauche, à droite ; et moi, la vazaha armée de mes bâtons de marche et de mon appareil photo
Le temps sest arrêté un moment sans pouvoir repartir. Tout comme Laurent, je profite de ce moment paisible. Je conserverai à jamais dans les yeux et le cur limage de cette bouille tachetée de boue.

Un peu plus loin, des femmes et des enfants lavent du linge au bord dune rivière et nous saluent. Couvertures, tee-shirts et autres étoffes colorées viennent égayer la rizière, comme souvent aux abords des villages.
Encore un peu plus loin, 2 fillettes repiquent le riz provenant de la pépinière, dont le vert tendre éclate et ravit le regard. La pépinière, cest la parcelle de terre où sont semées et élevées « en vrac » les pousses de riz jusquà ce quelles soient aptes à être repiquées. Là, les jeunes pousses sont déterrées pour les remettre en terre, bien rangées et espacées, dans la » vraie » rizière (dont la terre a été préparée) où sera récolté le riz après quelques mois.


On sarrête pour la pause de midi près dune source deau à lombre des bananiers pour permettre à Laurent de se rincer après sa » plongée verticale » dans la boue ;-). Impressionnant Je suis morte de rire !

Nous sommes descendus très bas depuis quelques jours, la végétation nest plus la même : on navigue entre bananiers, palmiers, cocotiers, arbres du voyageur, oreilles déléphant signe dun terrain marécageux comme pour les pandanus et il fait très chaud. On apprécie donc dautant plus la traversée dune grosse rivière.
Ce soir, pour ne pas déroger aux bonnes habitudes prises, on dresse notre campement dans la pièce dune maison toute neuve, au milieu dun village.
Soudain, au-dehors, jentends un joyeux brouhaha qui attire toute mon attention. Apparaissent, en tête de file, 4 hommes portant sur leurs épaules un brancard de fortune (bambou) sur lequel repose un corps enroulé dans une couverture
Ils jouent avec le brancard (partent à gauche, puis à droite, sabaissent
) en poussant des cris
Sensuit un cortège très excité dhommes et de femmes vêtus de couleurs vives, riant et chantant
Un cortège funéraire passe
A Madagascar, les enterrements sont des moments festifs où tous les proches sont invités. On boit, on danse, on chante, puis on transporte le corps du défunt dans un tombeau provisoire.

La soirée démarre avec le bon dîner que nous a concocté Andreas : du porc aux poireaux accompagné de riz
et léternelle banane ! Je ne men lasse pas.
Et la soirée sachève par une séance photo de la Voie lactée
Au moins, ici, il ny pas de lumière du tout (enfin, à part quelques frontales intriguées par notre manège !). Le ciel est merveilleux, constellé détoiles, nous passons un bon moment à ladmirer, savourant linstant présent et le silence de la nuit.

Fin du jour 14…
Martine
