Aventure en Amérique centrale…la suite…
Il y a peu d’observation animalière (la plupart des espèces forestières sont nocturnes) ! Seulement, du crottin frais de tapir. Et les « rugissements » impressionnants des singes hurleurs. Et semble-t-il que certains ont aperçu furtivement un pécari Finalement, pour moi, la forêt est le royaume des oiseaux et des insectes. Ils sont partout à tel point que les branches des arbres deviennent vivantes !

De même, il y a peu de points de vue dégagés : nous sommes vraiment confinés dans la jungle ! Et ce sentiment est décuplé lorsque la nuit tombe Car à ce moment là, je prends conscience de limmensité qui mentoure. Partagée entre excitation et crainte, jécoute les bruits de la forêt, je découvre la vie qui y grouille : coassements de grenouilles, chants doiseaux, criquets et pleins dautres sons non-identifiables par mes oreilles plutôt habituées aux bruits des voitures, des klaxons, des sonneries de téléphone portable
Ici, je suis hors du temps, loin dinternet, loin du monde matériel (ce monde où lon se crée sans cesse des besoins ) et de toutes ses dérives, loin du bruit et de lagitation, je suis juste en harmonie avec cette Nature merveilleuse Je suis émue et heureuse, très heureuse.
La forêt primaire nattire pas et pourtant Sauvage et mystérieuse, elle sapprivoise pour qui sait prendre le temps de lapprocher, lobserver, la toucher, la sentir, la fouler et là seulement, elle finit par révéler ses secrets au détour des chemins. Ignorée par beaucoup (et cest tant mieux), la forêt primaire garde sa beauté pour elle. Mais chuuuuuut, il ne faut pas le crier trop fort la forêt aime le silence.


Une pluie fine commence à tomber puis sintensifie. 6h00 de marche sous la pluie. Je suis archi trempée, plus aucun cm² au sec. Pas facile lorsquil faut attendre les derniers Je grelotte !!!! Le sentier en terre battue est très glissant, et de moins en moins praticable. A tel point que lors des montées et descentes, il faut y aller prudemment, s’aider de ses bâtons, sagripper aux branches pour ne pas partir trop vite en arrière voire utiliser ses 4 membres ;-). Et pourtant, des gamelles, il y en aura
Fin de la journée, on monte le campement
sous la pluie. Et ce sera ainsi toute la nuit !
Le lendemain matin, il me faut enfiler mes chaussettes trempées dans des chaussures gorgées deau, je connais ;-).
Par contre, enfiler la culotte, le soutien-gorge, le tee-shirt, le pantalon dégoulinant deau, je ne connaissais pas Cest fait !!!! Des rayons de soleil percent la canopée de la forêt de nuages.
Yes !!!!!! Le moral de la troupe est au top !!!!


Aujourdhui, on passe de la forêt de nuages à la forêt de pluie, la fraîcheur laisse place à la chaleur humide, on passe dun écosystème à lautre. En haut, c’est le paradis des mousses (il y en a partout !), des épiphytes, des fougères arborescentes ou pas
En bas, on retrouve les parapluies du pauvre
et de nombreux arbres de tailles très importantes, un feuillage très dense, des racines imposantes (parfois de véritables contreforts).
Je suis éblouie par la beauté de tous ces arbres immenses (plus de 40m), leurs troncs se dressent à perte de vue, comme le Ceiba
Je ne me lasse pas non plus de photographier les fleurs : Heliconias, orchidées et toutes celles dont jai oublié le nom
Et que dire des odeurs enivrantes

Nous poursuivons notre descente, l’atmosphère est chaude et humide, nous sommes vite trempés de sueur. Des bananiers, des cacaoyers ou des cultures de haricots rouges mais aussi des ponts suspendus ou ponts de singe signalent la présence de lHomme. En effet, nous approchons de petits villages indigènes. Après plusieurs jours de marche en pleine nature, nous renouons avec la civilisation.
Nous terminons cette expérience unique par un repos bien mérité au bord de la mer des Caraïbes au sein même du parc de Cahuita qui est entouré dune forêt tropicale côtière où les animaux en particulier les paresseux, singes, iguanes se laissent facilement observer.
Par-delà la beauté, jai été surprise et émerveillée par la richesse, la diversité et la densité des forêts du Costa Rica. Jespère que les » ticos » arriveront à les protéger encore longtemps des assauts de notre espèce 😉 La forêt primaire, un endroit MAGIQUE, à ne pas rater si vous envisagez un séjour au Costa Rica ! Mais, elle se mérite

Au programme, 8 à 10h00 de marche par jour avec au moins 15kg sur le dos, sur un terrain quasiment jamais plat et il faut sans cesse franchir des obstacles. En fait, toute la difficulté de ce trek réside dans le portage. Car leffort demandé nest pas le même avec ou sans sac à dos 😉 Pour le reste, » Une véritable aventure humaine, où l’on se concentre sur l’essentiel : marcher, porter, se nourrir, écouter la nature, échanger avec l’autre, être ensemble, tout simplement. »
Voilà, il faut ralentir le rythme à limage du paresseux, prendre le temps dapprécier les choses à leur juste valeur. Vivre bien avec les autres, avec soi, avec son environnement.
Un grand merci à nos guides Inti et Andy. Merci à Inti, notre « soleil », davoir partagé ses connaissances
botaniques et autres. Et merci aussi à nos Bri-Bri suiveurs
Pura Vida ! Fin de la seconde et dernière partie…
Martine


